La magie de l’écriture manuscrite

“L’écriture est la peinture de la voix.” Volaire

écrireUne fois n’est pas coutume, alors que je terminais mon article précédent, le sujet du suivant s’est imposé à moi. Alors que bien souvent il m’est difficile de me décider, cette fois-ci j’ai eu une une irrépressible envie d’écrire sur… la magie d’écrire! Pas le contenu de ce que j’écris, mais l’acte physique d’écrire manuellement, de poser le stylo sur le papier pour le faire danser et voir l’encre dessiner des mots qui soient le miroir de mes pensées. Quand je note des idées ou recopie un passage sur les sujets qui me passionnent,  il y a un lien magique entre ma main et mon cerveau. Le temps s’arrête et le mouvement de mes doigts est presque hypnotique. En faisant des recherches sur le sujet, j’ai été fascinée par la complexité des fonctions mentales mises en jeu lors de l’écriture. C’est de nouveau une belle illustration d’un acte très complexe que nous arrivons à faire sans réfléchir avec l’entrainement. Nouvelle preuve, si il en fallait, de notre extraordinaire capacité à apprendre, intégrer et automatiser de nouvelles compétences.

Le concept: l’écriture manuscrite stimule notre cerveau de façon unique

Avec la généralisation des outils informatiques, il y a de plus en plus de chercheurs qui s’interrogent sur les avantages et les inconvénients de l’écriture manuscrite par rapport à l’utilisation de claviers. Si à première vue, on peut s’imaginer que quelque soit le support, écrire c’est écrire, et bien ce n’est pas le cas. L’écriture manuscrite fait appel à plus de fonctions mentales et cela a un impact non négligeable sur les bénéfices que l’on peut tirer de cet exercice par rapport au fait d’appuyer sur des touches. De par sa nature, l’écriture fait appel à de nombreuses aptitudes: sentir le stylo et le papier (poids, texture, frottements…), bouger avec une motricité fine les doigts, planifier la formation des lettres en fonction des précédentes et des suivantes… Tout ceci explique qu’à l’imagerie cérébrale on constate que l’écriture manuscrite active plus de régions du cerveau. Par exemple, on a constaté que l’écriture favorisait le développement de l’hémisphère gauche de l’encéphale et stimulait les cellules du système d’activation réticulaire (SAR). Celui-ci agit comme un filtre pour “décider” de ce à quoi notre cerveau doit porter attention ou pas. De même le mouvement des doigts active de larges régions impliquées dans la pensée, la mémoire et le langage. En bref, même si le résultat est le même, écrire sur du papier ou taper son texte n’engage pas notre cerveau de la même façon. Et par conséquence, faire l’un ou l’autre n’a pas le même impact.

De récentes études se sont penchées sur le rôle de l’écriture manuscrite dans le processus d’apprentissage. Les enfants rédigeant une rédaction en écriture cursive utilisaient plus de vocabulaire, exprimaient plus d’idées et faisaient moins de fautes d’orthographe que ceux rédigeant avec un clavier. Chez des étudiants, la prise de note manuscrite était liée à une meilleure assimilation des données à long terme.

En pratique: ce que j’aime avec l’écriture

  • La présence: une alchimie subtile se met en route lorsque je pose un stylo sur ne feuille de papier. Je me sens bien plus connectée à mes pensées, bien plus centrée que par le fait de taper sur le clavier. Lorsque je prépare un article, j’aime prendre des notes de mes recherches et de mes idées manuellement. Ainsi, je peux faire des liens, structurer ma pensée et mon article. Cela améliore ma capacité à analyser les données , ma concentration et le contrôle de mes émotions.

  • La créativité: le papier nous donne une plus grande liberté graphique qui nous permet d’exprimer notre personnalité, stimulant ainsi notre créativité. Un logiciel de traitement de texte ne nous autorise à faire que les standards qui y ont été programmés. On ne peut pas choisir un format qui n’aurait pas été prévu par les développeurs.

  • L’esthétisme: je trouve une beauté singulière dans des pages noircies d’écritures. Elles reflètent bien plus que ce que disent les mots. L’écriture transmet l’état d’esprit de l’auteur (une écriture régulière et posée pour les moments de réflexion contre les lettres plus brouillonnes des grandes émotions, là où la main n’arrive pas à suivre la pensée) ou bien trahissant comme l’environnement (écrire dans un bus versus assis à une table). La graphologie est basée sur l’idée que l’écriture est un reflet de la personnalité et qu’elles évoluent ensemble.

  • La variété des supports: au final, on écrit bien plus souvent que l’on imagine: liste de course griffonnée sur un vieux ticket de caisse, post-it collé sur notre écran, notes de réunions, adresse notée sur un bout de serviette en papier… C’est tellement pratique, tellement accessible. Il y a aussi le plaisir d’utiliser de la belle papèterie. Un papier à lettre coloré, une texture épaisse, des stylos de toutes les couleurs.

Si cela fait longtemps que vous n’avez pas laissé vos pensées filer sur le papier, je vous recommande de prendre un peu de temps pour retrouver ce plaisir simple et puissant. Puis dites-moi dans les commentaires quelles sont les situations pour lesquelles vous privilégiez l’écriture manuscrite et pourquoi.

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Un Commentaire

  1. Ah comme tout cela est magnifiquement dit !
    Merci.

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