Elargir sa zone de confort

“La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien. Le choix te revient.” Helen Keller

oseJe suis le stéréotype même de la pantouflarde. Non, franchement, si vous ouvrez le dictionnaire à ce mot, vous y verrez ma photo. J’aime être dans mon petit nid, bien au chaud. J’aime que les choses se déroulent comme prévu. J’aime être à l’heure. Je m’inquiète quand on sonne à la porte alors qu’aucune visite n’est annoncée. Je râle si mes plans sont changés en dernière minute. Je vois mille difficultés à organiser un voyage… Je suis accro à ma zone de confort. Pourtant je dois admettre que mes plus belles réussites ont eu lieu en dehors de ces limites, lorsque je suis sortie de ma coquille.

Le concept: agrandir sa zone de confort en explorant sa zone de développement

Une zone de confort, c’est quoi? C’est un espace mental où nos activités et nos comportements suivent des routines et des schémas automatiques qui limitent le stress et le risque. C’est tout ce qui nous donne une impression de sécurité: la route que l’on prend chaque jour, le bus qui passe à la même heure, la nourriture que l’on aime… Autour de cette bulle réconfortante du “déjà-vu, déjà-fait, je maitrise” se trouve notre zone de développement, celle des activités qui nous demandent un effort supplémentaire, plus de réflexion,  ou carrément que nous ne sommes pas encore capables de réaliser mais qui souvent nous révèlent à nous même des ressources insoupçonnées. Et puis, encore un peu plus loin, la zone de panique, celle où l’on perd tous nos moyens. Cette dernière n’est ni agréable ni constructive car notre cerveau n’est plus en état de gérer la situation.

En soi, être dans sa zone de confort n’est pas une mauvaise chose. C’est un mode de fonctionnement qui réduit notre consommation d’énergie et où l’on peut se ressourcer. Certaines personnes y passent leur vie entière sans que cela ne leur pose problème. Mais selon moi, le vrai bonheur se trouve dans le développement, l’apprentissage (au sens large). Et pour se développer il faut essayer des choses nouvelles, échouer, apprendre, ré-essayer… Puis revenir en sécurité pour intégrer ces apprentissages, reprendre des forces avant de repartir de nouveau à la découverte. A ce moment là, la magie opère: ce qui était nouveau devient connu et est englobé dans notre zone de confort qui s’en trouve agrandie. Et ainsi, d’expérience en expérience, d’aventure en aventure, d’apprentissage en apprentissage, notre zone de confort croît. Toujours enveloppée de sa zone de développement qui grandit plus encore que la zone de confort… grignotant lentement mais surement cette terrifiante zone de panique. Autrement dit, plus on ose, plus on aura de la marge avant de basculer dans la zone de panique.

Si il y a un prix à payer (risque d’échec,d’erreurs, de blessures), il y a aussi de nombreux intérêts à s’aventurer dans notre zone de développement car elle:

  • stimule notre activité cérébrale, maximisant notre performance et notre productivité
  • augmente notre confiance en nous
  • nous rend plus résilients
  • donne plus de saveur à la vie: tout y semble plus intense, pétillant, stimulant
  • élargit nos horizons
  • ravive notre curiosité du monde
  • donne du sens à ce que l’on fait

Cela s’explique entre autre par un phénomène hormonal lié au stress. Nous sécrétons certaines hormones (adrénaline, dopamine et noradrénaline) dans une quantité qui est dépendante du niveau de stress que nous vivons.  Sans stress, les doses sont faibles et on ressent un sentiment d’ennui, de lassitude, de morosité. Trop de stress, ces hormones inondent notre système et là, c’est panique à bord.  La zone de développement correspondrait donc à un niveau de stress qui génère juste la bonne dose de ces hormones, la concentration idéale pour que notre cortex préfrontal fonctionne de manière optimale.  Une citation de Paulo Coelho résume ceci parfaitement: “Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… Elle est mortelle.”

En pratique: pas de recette miracle mais une curiosité de chaque instant

Puisqu’il n’existe pas deux êtres humains identiques, il n’y a pas de recette pour aller dans sa zone de développement. Initialement, je comptais vous lister des activités concrètes pour tester vos limites et puis j’ai réalisé qu’elles étaient souvent des très « clichés », pas forcement adaptées à tout le monde. En préparant cet article, je suis tombée sur un outil en ligne qui se propose de “mesurer” votre zone de confort. Ayant fait ce test, j’ai été fort surprise de me retrouver avec une zone de confort très large car ce n’est absolument pas mon ressenti. J’ai initialement pensé que le test n’était pas pertinent. Et puis à la réflexion, en repensant aux type de questions du test, j’ai réalisé que oui, sans doute, de part mes expériences de vie  ma zone de confort est assez étendue,mais que mon problème ne se trouve pas là. Mon problème vient du peu d’occasions que je me donne de continuer à aller régulièrement dans ma zone de développement. Si l’anglais n’est pas une barrière pour vous, essayez-donc ce test pour vous-même, ne serait-ce que pour avoir une idée de ce que son créateur lie à l’audace, vous pourriez-être surpris.

Je ne vous donnerai donc pas une liste d’activités précises à réaliser, mais plus des pistes de réflexion. Des questions que j’espère stimulantes.

  • Quelles sont vos principales routines? Comment pourriez-vous les modifier? Cela va du trajet pour aller au travail, au plat que vous préparez chaque semaine, en passant par la musique que vous écoutez. Essayez d’apporter dans vos habitudes un vent de fraicheur.
  • Qu’est-ce qui pour vous représente l’audace? Est-ce de sauter en parachute? De voyager sans planning? D’avoir des enfants? D’aller seul dans une soirée? Ce qui compte, c’est de faire quelque chose que nous jugeons audacieux.
  • Que faisiez-vous avec plaisir enfant que vous ne faites plus maintenant? Pourriez-vous recommencer?
  • Quelles attitudes d’autrui vous irritent de manière irrationnelle? Pourquoi? A quelle valeur cela peut-il faire écho en vous? Que se passerait-il si vous essayiez de vivre l’aspect positif de cette valeur?
  • Quelles sont vos comportement automatiques en cas de fatigue ou de stress? Quelles attitudes pas forcement reluisantes vous autorisez vous à avoir sous prétexte d’être tendu ou fatigué? Comment la meilleure version de vous même réagirait-elle dans ces cas là? Et si vous essayiez?

Enfin, je vous laisse avec une recommandation: tenez un journal de ce voyage. Identifiez vos limites actuelles. Les chalenges que vous vous donnez. Vos réalisations, vos échecs, vos apprentissages. D’une part l’écriture vous stimulera, mais en plus, dans quelques mois, votre zone de confort étendue vous sera si familière que vous risquez fort d’avoir oublié à quel point une certaine activité vous faisait peur avant. Ce serait dommage de ne pas voir le chemin parcouru…

Qu’avez-vous fait pour agrandir votre zone de confort? Partagez dans les commentaires.

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