Défi 16/37 – Limiter les décisions

“Le caractère se révèle dès qu’il y a un choix à faire.” Aristote

decision

Chaque choix que nous faisons change notre avenir. C’est pourquoi nous devons être au top de nos capacités lorsqu’il s’agit de choix importants. Or, une théorie fait surface ces dernières années selon laquelle la qualité de nos décisions s’érode lorsque notre volonté a été trop usée. Autrement dit: à trop faire de choix, on fatiguerait notre cerveau limitant ainsi ses capacités.

Le concept: nos choix épuisent notre mental

Imaginez votre capacité à prendre des décisions comme une énergie épuisable. Au matin, vous vous levez frais et gonflé à bloc, mais au fil de la journée cette énergie diminue au fur et à mesure que vous prenez des décisions: rester au lit 10 minutes de plus ou vous lever immédiatement, le choix de vos vêtements, le chemin pour aller au travail…et tout ceci avant même que vous n’arriviez au travail et vous posiez la grande question: “Par quoi je commence?”. Notre cerveau déjà fatigué aura alors plus tendance a se distraire dans des activités “légères”. Notre volonté serait comme un muscle qui fatigue à l’effort.

Les explications données sont les suivantes:

  • baisse d’énergie: l’activité cérébrale engendrée par nos choix consécutifs entraine une consommation accrue de glucose qu’il faut réapprovisionner.
  • des études IRM montrent qu’après de nombreuses décisions, l’activité cérébrale dans le cortex cingulaire antérieur diminue. C’est une région du cerveau qui joue un rôle sur les fonctions cognitives, telles que l’anticipation de récompense, la prise de décision, l’empathie et l’émotion. Si l’activité y est moindre, notre cerveau fonctionne différemment.
  • nos croyances et attitudes: les personnes guidées dans leurs choix par leurs propres objectifs sont moins impactées par cette “fatigue” que les personne faisant des choix dans le but de plaire aux autres.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les fondations scientifiques de cette théorie, les deux chercheurs de référence dans le domaine sont Roy Baumeister (Florida State University) et Kathleen Vohs (University of Minnesota) qui fait cette remarque: “C’est un étrange paradoxe car les êtres humains sont attirés par le choix. Nous aimons avoir toujours plus de choix, mais dans le même temps, notre mental est facilement submergé par ceux-ci.”

En pratique: limiter nos choix au quotidien

Afin d’être dans les meilleures conditions lorsque nous faisons face à des décisions importantes, nous devons être parcimonieux avec cette “énergie” en l’utilisant à bon escient.  La première solution consiste à réapprovisionner cette énergie: on peut restaurer le niveau de glucose: facile, mais avec le risque de fatiguer d’autres parties de votre corps avec un boost de glycémie. La seconde solution serait de ne pas laisser le niveau descendre en limitant nos choix. C’est pour cette dernière solution que je vous propose quelques idées concrètes aujourd’hui.

  • Ne faites des choix que sur ce qui est vraiment important pour vous. Dans une interview au journal Vanity Fair par le journaliste Michael Lewis, le Président Barack Obama a déclaré: “Vous remarquerez que je ne porte que des costumes bleus ou gris. J’essaye de réduire mes décisions. Je ne veux pas avoir à décider ce que je porte ou ce que je mange parce que j’ai bien trop d’autres décisions à prendre.”
  • Faites des choix anodins au moment opportun. Par exemple, choisissez votre tenue du lendemain avant de vous coucher. Faites un menu pour toute la semaine le dimanche soir. Décidez en quittant le bureau de votre première tâche du matin. Vous “userez” autant votre volonté, mais vous savez que vous avez après l’occasion de refaire le plein.
  • Déléguez certaines décisions. Lorsque mon mari a dû choisir une nouvelle voiture, je n’ai pas mis beaucoup d’énergie dans la sélection car je n’y prête guère d’importance tant que la voiture nous amène du point A au point B (avec un minimum de volume de coffre ;o).
  • Identifiez les aspects “banals” de votre vie et mettez-les sur auto-pilote. Créez des habitudes qui deviennent des automatismes. Le réveil s’allume, je me lève immédiatement. CHAQUE jour (enfin, sauf le week-end, il ne faut pas pousser quand même). Les habitudes éliminent le besoin de maitrise de soi. Nous ne devons plus prendre de décision, sauvegardant ainsi une précieuse énergie pour des taches plus complexes, nouvelles ou urgentes.
  • Faites certains choix une fois pour toute. Au lieu d’agoniser à chaque fois que vous croisez un paquet de chips, décidez une fois pour toute de ne plus manger de chips. Non, c’est non, pas besoin d’y réfléchir.

J’aimerais conclure en revenant sur la métaphore du muscle: certes il fatigue à l’usage, mais il peut être entrainé et renforcé. De même, notre volonté est une capacité que nous pouvons cultiver et c’est tant mieux car comme a dit Mahatma Gandhi: “ La force ne vient pas des capacités physiques, elle vient d’une indomptable volonté.”

Y a-t-il une habitude particulière que vous avez mis en place et qui a changé votre vie?  Partagez-la dans les commentaires ci-dessous.

Crédit photo: Martin Fish

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