Simplifier en purgeant

“La simplicité est l’ultime sophistication.” Léonard de Vinci

simple-stephane-laborieEtudiante, j’ai réussi à faire tenir dans deux valises ce que je jugeais nécessaire pour partir finir mes études aux Etats-Unis. Il faut dire qu’avec les déménagements successifs de ma famille, ne garder que le nécessaire était un état d’esprit. Et puis … je me suis posée à Bruxelles. Ma meilleure moitié et moi-même avons acheté une maison pour servir de nid à notre petite famille. Le grenier ne demandait qu’à abriter les petits trésors (première paire de chaussure, cadeaux de fête des mères…), les “ça pourra toujours servir” (tasses dépareillées, couverts en triple exemplaires…), les “quand j’aurai du temps je m’y remets” (machine à coudre et bouts de tissus…), ainsi que les “c’est dommage de jeter” (livres qu’on ne relira jamais…)

Depuis plusieurs mois, je ressens le besoin de simplifier, de faire le vide, de m’alléger. Plus facile à dire qu’à faire car à peine ai-je fait un tri dans mon armoire que je rachète des vêtements (LOL). Mais je persiste car même si ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, j’ai le sentiment qu’en agissant sur les objets qui m’entourent, j’ai une porte d’entrée vers quelque chose de plus “intellectuel” voir même “spirituel”. Je sais bien que le chemin à parcourir est tout autant dans mon espace mental que dans mon espace physique, mais j’ai la satisfaction de commencer quelque part.

Le concept: faire un grand tri dans ce qui nous entoure

Le consumérisme ambiant nous sape de l’intérieur.  Non, nous n’avons pas besoin de refaire notre garde robe à chaque saison. Non, la féminité ne se mesure pas en nombre de paires de chaussures. Pas plus que l’écran télé dernier cri ne fera notre bonheur (d’ailleurs, je vous recommandais il y à quelque temps de virer votre télévision). Notre mode de vie est basé sur l’abondance de biens matériels. Mais nous ne sommes jamais satisfaits. Il y aura toujours plus à posséder, plus perfectionné, plus tappe à l’oeil, et dans cette quête sans fin, nous passons à coté de la véritable abondance qu’apporte le lâcher prise.

Si l’idée de simplifier votre vie vous attire, trier vos affaires peut être un bon début car c’est très concret et on voit du résultat immédiatement. Mais il est important d’aborder ce grand rangement comme un élément parmi d’autre de votre développement personnel. En effet, sans un changement d’état d’esprit, vous risquez de revoir s’installer rapidement de nouveaux objets ou vêtements dans l’espace laissé vide. Le but n’est pas de vider pour vider, mais d’utiliser cette opportunité pour approfondir votre réflexion sur ce qui est réellement important pour vous, votre identité profonde et votre relation aux autres. Vaste programme qui demande toute une vie… mais que vous pouvez aborder en vous amusant un carton après l’autre!

Comprendre “pourquoi” vous souhaitez faire une purge est bien plus important que le “comment”. Le “comment” est facile et on trouve toute sorte d’astuces sur le web dont je listerai certaines dans la seconde partie de ce billet. Le “pourquoi” lui est tellement personnel, qu’il n’y a pas deux réponses identiques, pas deux situations similaires. Après réflexion, peut-être vous rendrez-vous compte que ce tri n’est finalement pas ce dont vous avez besoin. Voici quelques questions pour vous aider à la réflexion:

  • Quand ai-je commencé à donner autant de valeur aux possessions matérielles?
  • Quel vide suis en train de combler?
  • Quelles émotions est-ce que je recherche lorsque j’achète?
  • Qu’est-ce qui est important dans ma vie?
  • Y a-t-il un aspect de ma vie que je compense au travers de mes possessions?
  • Quelle importance est-ce que je donne à l’image que les autres ont de moi et pourquoi?
  • Quelle est ma définition du succès?

Si vous décidez de persister avec ce exercice, ne ratez pas l’occasion, en pendant le tri, de prendre note de vos résistances. Votre résistance à vous séparer d’un objet peut vous apprendre beaucoup. Ne forcez rien, accueillez-la en pleine conscience, écoutez-la et au besoin respectez-la. La valeur sentimentale a toute sa place dans une vie simple et humble. Si vous vous forcez, vous risquez de le regretter. Comme le disait Albert Einstein: “Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples.” Peut-être dans quelque temps vous sera-t-il plus facile de lâcher prise ou de trouver une autre façon de célébrer l’attachement que cet objet représente pour vous. Respectez vous. Pour vous faciliter la tache, voici un petit catalogue de mes résistances personnelles  et de mes stratégies pour les dépasser.

  • La culpabilité: après avoir dépensé de l’argent pour acquérir un bien, je me sens coupable de m’en débarrasser. J’ai l’impression de gaspiller. L’antidote: réaliser que le gaspillage a déjà eu lieu au moment de l’achat. Garder le bien ne me rendra pas cet argent, point final. Par contre, en trouvant quelqu’un qui pourra en faire bon usage, je fais un véritable retour sur investissement en cultivant une relation.
  • L’attachement émotionnel:  celui-ci est un gros morceau! Donner des choses dont  je ne me sers plus mais qui ont une valeur sentimentale est particulièrement difficile. Par exemple, me séparer de certains objets symboliques de la petite enfance de mes loulous me bloque complètement. L’antidote: prendre une photo de l’objet et écrire ce qu’il représente pour moi, mes émotions face à cet objet… Au final, ces mots auront plus de valeur pour moi et surtout pour mes enfants que l’objet en lui même. Ainsi, on se défait uniquement de l’objet et pas des souvenirs qu’il évoque. C’est aussi intéressant de se demander comment revivre des émotions similaires. Si par exemple, vous vous accrochez à un souvenir de voyage parce qu’il vous évoque un sentiment de liberté que vous avez perdu, cogitez à comment revivre ce sentiment de liberté dans vos circonstances présentes?
  • Ca servira un jour…: deux grandes catégories ici: d’une part l’objet qui peut effectivement servir immédiatement mais qui à l’usage n’est pas nécessaire (le troisième tire-bouchon par exemple) Antidote: virez sans vous poser de question. Il y a de fortes chances qu’une fois sorti de votre chez-vous, il sortira instantanément de vos souvenirs… Deuxième catégorie pour laquelle j’ai un petit  gros faible: “quand … (les poules auront des dents, … j’aurai perdu 10 kg, …j’inviterai 50 personnes à la maison, …j’aurai des petits enfants…) cela me servira”. Antidote: interrogez-vous sur la possibilité d’emprunter ou de racheter un objet équivalent si le fameux jour se présente. De nouveau trouvez quelqu’un qui en a réellement besoin maintenant. Et entre nous, le jour où je perds 10 kg ce fameux jean sera passé de mode!
  • J’aimerais être…: la maman qui fait des costumes maison avec amour (= machine à coudre mal entretenue et une caisse de bouts de tissus), branchée et participer à des roller parades (= une paire de roller blade qui n’ont vu la rue que le jour de la première gamelle), un cordon bleu (= un collection de livres de cuisine)… la liste est longue. Antidote: l’honnêteté. Oui sincèrement j’aimerais faire tout cela, mais si c’était vraiment une priorité, je passerais du temps à ça au lieu de faire ce blog, ou mon scrapbooking. Mon temps est limité, qu’est-ce que je veux vraiment en faire? Garder sous les yeux les preuves physiques de tout ce que je n’ai pas le temps de faire ne me rend pas plus heureuse, au contraire, c’est un rappel incessant de tout ce que je ne choisis de ne pas faire… Plutôt frustrant.

 En pratique: quelques trucs et astuces glanés sur le web

Au delà des recommandations classiques lues et relues un peu partout, je vous propose quelques idées que je m’apprête à mettre en œuvre. En effet, nous nous sommes fixés une première  deadline avec la participation à la brocante de l’école de mon fils en octobre (tic-tac… le compte à rebour a commencé).

  • Donner un item par jour. Ce matin, j’ai ainsi donné du papier de scrapbooking qui ne me plaisait plus à la maitresse de ma fille pour les bricolages en classe et elle en a été ravie. Pour demain, j’apporte un roman en anglais que j’ai adoré à une collègue anglophone.
  • Faire  une liste “dans 30 jours” où vous notez un article que vous aimeriez acheter et la date à laquelle vous l’inscrivez. Donnez-vous 30 jours pour savoir si cet achat est vraiment nécessaire.
  • Adoptez la règle du “un qui rentre, deux qui sortent”: pour chaque nouvel article acheté, deux équivalents doivent disparaitre (livres, magazines, vêtements, article de déco…) C’est redoutablement efficace.
  • Limitez vos espaces de rangement: transformez votre cave en salle de jeu ou votre garage en espace de fitness, ainsi vous ne serez pas tentés d’y empiler des tonnes de choses et vous serez obligés de prendre des décisions. Chez nous, ce sont le grenier et le garage qui sont de véritables stocks “ à brol” (comme disent les belges). Nous envisageons transformer le grenier en chambre pour que nos deux loulous aient chacun la leur. A plus long terme, nous aimerions mettre au garage un billard pour des soirées entre amis. Même si ce ne sont que des projets à l’heure actuelle, cela nous pousse à avoir un œil critique quand nous passons dans ces pièces. Et mon ainé qui se voit déjà dans sa chambre sous les toits ne manque pas de nous rappeler à l’ordre régulièrement!
  • Utilisez une boite “qui sait?” dans laquelle vous mettez des articles au sujet desquels vous n’arrivez pas à vous décider. Inscrivez dessus une date 6 mois plus tard. Tout ce que vous n’êtes pas retournés chercher dans la boite durant ces 6 mois peut disparaitre (n’ouvrez même pas la boite).
  • Jouez à la tornade blanche: si vous devez attendre dans une pièce, essayez de passer en revue un maximum d’articles pendant votre attente. Vous faites cuire des pates? Voila 10 minutes pour vérifier les dates de péremption des boites de conserve ou le tiroir à couverts. Vous surveillez vos enfants dans le bain? Hop, un petit coup d’œil dans l’armoire à pharmacie… Parqué dans votre voiture en attendant que votre moitié sorte du boulot? Qu’allez-vous donc bien trouver dans la boite à gant? Faites preuve d’imagination, et surtout amusez-vous.

Quelle est votre “cachette à brol?” (e.i. l’endroit où vous n’osez pas faire un tri parce que vous ne savez même plus trop bien ce qui s’y trouve;o) Partagez votre secret dans les commentaires.

Crédit image: Stéphane Laborie (Flickr)
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