Zone de stretch

“Si vous vous mettez dans une situation qui vous stretch au-delà de votre zone de confort, alors vous êtes obligés d’élargir votre conscience.” Lee Brown

climb EfrénJ’ai une confession à faire: je suis l’impératrice intergalactique incontestée et incontestable des pantouflards. J’adore être chez moi bien au chaud et suivre ma petite routine. Je pourrais rester plusieurs jours enfermée chez moi sans sortir, à juste bouquiner, scrapper, écrire ou cuisiner… (si je n’avais pas une petite famille qui me motive à faire des accompagnements divers ou, accessoirement, un boulot ;o) Ce qui est terrible c’est que je sais à quel point il est important pour nous tous de sortir de notre zone de confort. Alors aujourd’hui, c’est surtout pour moi-même que j’écris cet article! J’espère tout de même que vous y piocherez quelques infos ou idées utiles pour vous.

Le concept: osciller entre sa zone de stretch et sa zone de confort

Laissez moi vous présenter la Courbe Pression/Performance. Initialement issue des travaux de Yerkes et Dodson, elle est tellement rependue de nos jours que vous en avez certainement déjà vue l’une ou l’autre version. Voici celle que j’utilise en formation (Williams 1994):

Pressure Performance Curve

Selon cette courbe, il existe une corrélation positive entre la pression ressentie et le niveau de performance. Par exemple, vous serez beaucoup moins efficace à sortir de votre lit à 6h00 du matin un dimanche (où vous n’avez rien à l’agenda) versus un jour de semaine où vous devez non seulement aller travailler, accompagner les enfants à l’école mais en plus remplir le frigo sous peine de re-manger du riz blanc pour la troisième fois de suite… Un certain niveau de chalenge nous stimule donc, mais seulement jusqu’à un point de rupture où si elle augmente, cette pression nous “casse” littéralement (fatigue, erreurs, dépression voir burnout dans les cas extrêmes). Passons rapidement à travers les caractéristiques de chacune de ces zones:

  • Ennui (Boredom): performance médiocre.
  • Zone de confort (Comfort): performances stables et prévisibles lorsque nous vaquons à nos activités routinières que nous réalisons avec confiance puisque qu’elles nous sont familières. Dans cette zone, nous agissons souvent en mode automatique.
  • Zone de stretch: C’est la zone ou nous sommes au top de notre performance, lorsque nous sommes énergisés et focus sur une tache nouvelle qui représente un chalenge pour nous. Toutes nos capacités sont recrutées pour résoudre le problème auquel nous sommes confrontés. Typiquement, l’expérience de “Flow” arrive dans cette zone. C’est la zone où l’on se surprend parfois à réaliser des choses dont on ne se croyait pas capable.
  • Zone de pression (Strain): On passe dans de la fatigue, des erreurs de jugement, des mauvaises décisions.
  • Zone de débordement (Overwhelm): Epuisement, problèmes de santé, dépression, burnout.

Quels enseignements tirer de cette courbe? Voici ce qui semble le plus important à mes yeux:

  1. Il semblerait idéal d’être toujours dans notre zone de stretch, puisque c’est là que nous sommes les plus créatifs, efficaces et stimulés… Mais c’est irréaliste car c’est une zone qui demande beaucoup d’énergie et il est vital de recharger nos batteries dans la zone de confort si l’on veut maintenir notre performance sur le long terme. Il faut donc osciller entre ces deux zones pour en tirer le meilleur parti. (Youpi, je peux donc quand même « pantoufler » de temps en temps!)
  2. Les nivaux de pression et de performance sont variables d’une personne à l’autre: votre zone de stretch sera peut-être déjà ma zone de pression. Mais surtout, elles sont variables pour un même individu en fonction de son niveau d’énergie. Ce qui semble anodin un lundi matin peut très bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase le vendredi après-midi.  Encore un argument pour prendre soin de vos quatre dimensions d’énergie si vous voulez être performants.
  3. Il existe une zone particulièrement dangereuse… C’est la zone d’illusion. Juste après le point de rupture, on a parfois l’impression dans notre aveuglement d’être toujours plus efficace alors qu’en réalité, notre performance est en chute libre. Nous sommes trop loin dans la pression pour avoir un jugement réaliste. Dans ces cas là, ce sont souvent des personnes extérieures qui peuvent nous aider à voir les choses en face (famille, amis, collègues…). D’où l’importance de partager cette courbe avec vos proches.
  4. Du coup, il est très important d’avoir une bonne connaissance de soi-même pour être capable d’identifier les signes avant-coureurs de la zone de pression. Voici une liste non-exhaustive qui peut vous aider à identifier les vôtres:

point de rupture

En pratique: se donner ses propres chalenges puis récupérer

Notre quotidien nous impose souvent une pression qui nous stimule à grandir. A court terme, cela nous donne l’énergie nécessaire pour nous dépasser, concentrer nos efforts ou réaliser une prestation dont nous ne nous savions pas capable. A long terme, cela nous motive pour tenir le cap vers des objectifs ambitieux même quand on doit faire face à des difficultés (plateau, rejet, échec…). Pour entretenir cette dynamique, nous pouvons aussi choisir de sortir volontairement de notre zone de confort avec des objectifs tout juste hors de porté, par exemple:

  • Etudier pour obtenir une nouvelle qualification.
  • Voyager et s’adapter aux nouvelles routines, cultures, rencontres.
  • Faire du networking, rencontrer beaucoup de nouvelles personnes en un coup.
  • Se dépasser physiquement: participer à une compétition, démarrer un nouveau sport.
  • Apprendre quelque chose de nouveau (instrument, compétence, technique…) et accepter de redevenir un novice.
  • Continuer son développement personnel même quand cela semble difficile.

Pour atteindre ces objectifs, nous apprenons, nous grandissons, mais cela n’est durable que si nous savons faire des pauses stratégiques, retourner dans notre zone de confort pour refaire le plein d’énergie. On ne peut pas toujours tirer sur la corde, il faut savoir récupérer. Nous serons toujours soumis à des pressions, c’est cela qui développe notre capacité d’adaptation. A nous de savoir les appréhender au mieux pour en tirer le meilleur parti. Tel le carbone, utilisons la pression pour nous transformer en diamants!

Et vous, comment récupérez-vous après une période de pression? Partagez dans les commentaires.

Crédit image: Efrèn (Flickr)

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